Nvidia Shield Tablet

Introduction

La Shield Tablet K1 ne se positionne pas comme une Shield 2, mais plutôt comme une cousine de la Shield première du nom, devenue Shield Portable. Elle remplace la Shield Tablet qui a été retirée de la vente suite à des problèmes de batterie. Entre la Shield Portable et la Shield Tablet K1, les usages ne sont donc pas exactement les mêmes : voyons les qualités et les défauts de cette tablette hybride.

Mise à jour du 23 novembre : Nvidia nous a fait parvenir une Shield Tablet K1 officialisée le 17 novembre dernier. Elle reprend exactement les mêmes caractéristiques que la Shield Tablet testée ci-dessous, à quelques détails près. On ne trouve plus de stylet (il est possible de l’acheter à part pour 24,90 euros) et son prix est passé de 299 à 199 euros. La version 4G n’existe plus et il faudra donc se contenter de sa mouture Wi-Fi. Le design a légèrement changé, comme on peut le voir sur les photos ci-dessous : la grille de protection des haut-parleurs stéréo a été revue, tout comme la texture de la coque arrière, un peu plus douce et le logo Shield qui est désormais argenté et non plus noir.
Pour tout le reste, notre test est toujours d’actualité. À quelques endroits, nous avons ajouté des « MàJ » (Mise à Jour) pour vous informer de certains changements ou nouveautés par rapport au test initial. Nous avons totalement remanié la partie écran grâce à l’utilisation de notre sonde colorimétrique. Attention également, puisque le chargeur n’est plus fourni, et il faut donc l’acheter à part pour une vingtaine d’euros.



La Shield Tablet est le premier produit entièrement fabriqué et vendu par Nvidia en Europe sur le segment des appareils mobiles. La Shield Portable n’est pas, pour le moment, disponible en Europe, mais uniquement en Amérique du Nord. Nous avions d’ailleurs réalisé un test de cette console portable il y a quelques mois, en l’achetant au Canada. Avec la Shield Tablet, Nvidia compte bien se lancer sur la plupart des marchés mondiaux avec tout d’abord l’Amérique du Nord et l’Europe avant d’aller voir ailleurs.
Nvidia mise beaucoup sur ce produit puisque l’entreprise espère qu’elle se distribuera de manière moins confidentielle que la Shield Portable. Pour cela, les équipes du géant vert ont décidé de couper en deux la console. On retrouve donc la base, soit une tablette, puis des accessoires qui viennent la transformer en console. On trouve ainsi une manette qui peut-être achetée pour 59 euros ou encore une cover qui se transforme en pied, facturée 29,90 euros. Pour le moment, la Shield Tablet est la tablette la plus puissante (avec la Mi Pad de Xiaomi que nous avons testée) du monde grâce à son puissant SoC Tegra K1. La fonctionnalité GameStream est également inédite sur une tablette : elle permet de jouer à un jeu PC sur sa Shield Tablet, comme le faisait déjà la Shield Portable, grâce au service GeForce Now (anciennement Grid). Le potentiel de cet appareil est donc énorme et nous allons voir si Nvidia a réussi à suivre la recette magique.

Le Tegra K1 au centre de la tablette

ModèleNvidia Shield Tablet
Version AndroidAndroid KitKat 4.4.2
Ecran8 pouces
Définition1920 x 1080 pixels
TechnologieDalle IPS LCD
Résolution275 pixels par pouce (ppp/ppi)
Traitement contre les chocs & rayuresNon
SoC (System on a Chip)Tegra K1
Processeur (CPU)Quatre Cortex-A15 @ 2,2 GHz + un Cortex-A15 (cœur compagnon)
Chipset graphique (GPU)Kepler, 192 unités de calcul (Cuda Cores)
Mémoire vive (RAM)2 Go
Mémoire Interne16 Go (Wi-Fi)

32 Go (4G)
Support microSD-HCOui (SDXC)
APN / Caméra5 MP (autofocus + HDR)
Webcam (caméra frontale)5 MP (HDR)
Vidéo1080p APN

720p webcam
Carte SIMMicro-SIM sur version 4G
WiFi802.11a/b/g/n 2x2 MIMO (2,4 et 5 GHz)
BluetoothOui (4.0 LE)
NFC (Near Field Communication)Non
Boussole / GPSOui
Accéléromètre / GyroscopeOui
Capteur de lumièreOui
Sortie jack 3,5 mmOui
Port micro-USB / HDMIMini HDMI 1.4a

Micro-USB 2.0 (host et client)
Batterie5197 mAh
Dimensions221 x 126 x 9,2 mm
Poids390 g
Prix299€ (16 Go - Wi-Fi)

399€ (32 Go - 4G)
Le Tegra K1 est le dernier petit bijou de Nvidia (MàJ : depuis, le Tegra X1 a été officialisé au CES en janvier 2015 et on le trouve au sein de la Shield Android TV que nous avons pu tester). Pour la Shield Tablet, Nvidia a choisi la version 32 bits du Tegra K1 avec ses quatre cœurs Cortex-A15 assistés par un cinquième cœur compagnon, toujours un Cortex-A15, mais doté d’une fréquence revue à la baisse. Il aurait été intéressant de caser dans la tablette la version 64 bits du SoC avec ses deux cœurs Denver entièrement développés par Nvidia en se basant sur le jeu d’instruction ARMv8 utilisé sur les Cortex-A53 et A57. Au niveau de la mémoire vive, Nvidia a placé une puce de 2 Go de RAM, ce qui semble être suffisant pour Android.
Lors de la conception de la tablette, on imagine bien que le choix de la taille de l’écran n’a pas dû être facile. Nvidia s’est orienté pour l’utilisation d’une dalle 16/10 IPS de 8 pouces d’une définition Full HD (1920 x 1200 pixels). On verra si dans les faits, le choix a été judicieux ou non. Dommage en revanche qu’aucun traitement anti-rayure style Gorilla Glass n’ait été retenu. Dommage puisque l’utilisation prônée par Nvidia (jouer en déplacement) voudrait qu’un tel traitement soit présent.
Nvidia a tout misé sur la connectivité de la tablette. La version de base (16 Go) de la Shield Tablet supporte le Wi-Fi 802.11a/b/g/n 2,4 et 5 GHz 2×2 MIMO (dommage, pas de Wi-Fi 802.11ac qui aurait peut-être autorisé le streaming 1080p @ 60 FPS sans passer par l’Ethernet) ainsi que le Bluetooth 4.0 LE.
La version 32 Go rajoute en plus le support de la 4G avec le modem Icera i500 du Tegra 4i. Deux versions du modèle 4G existeront. La première sera dédiée à l’Amérique du Nord avec le support des bandes des 1900, 1700, 850, 2600 et 700 MHz alors que la seconde est pensée pour le reste du monde avec le support des bandes des 2100, 1800, 2600 et 800 MHz (MàJ : les versions 4G n’existent plus avec la Shield Tablet K1).
Le port mini HDMI 1.4a permet de relier la console à un écran en supportant une définition UHD/4K (3840 x 2160 pixels) @ 30 FPS ou 1080p @ 60 FPS. Le port micro USB permet quant à lui de relier la manette en mode filaire, de recharger la tablette ou de brancher n’importe quel périphérique USB (manette, clef, dongle Ethernet, etc.).

Une tablette + une manette = une console

Pour la Shield Tablet, Nvidia a laissé tomber la conception tout-en-un de la console hybride Shield Portable. À la place, on retrouve donc une tablette indépendante et une manette pour ceux qui voudraient profiter des fonctions vidéoludiques avancées. Il faudra en revanche obligatoirement se procurer le cover qui fait également office de support pour poser la tablette légèrement à la verticale sur une table. Le cover est indispensable pour compter jouer avec la manette puisque sans l’accessoire, il faudra poser la tablette à plat. Même avec la cover, on se pose des questions sur l’utilité de jouer avec la manette sur un écran de 8 pouces. Lorsque l’on joue sans manette, on prend la tablette entre nos mains et celle-ci est donc à une distance assez proche des yeux. En revanche, lorsque la tablette est posée sur une surface, comme une table de salon, la distance entre les yeux et l’écran est un peu trop importante. Bien installé au fond de son canapé, la tablette posée sur la table basse (rapprochée du canapé) on aura du mal à distinguer les détails. La Shield Tablet n’est clairement pas faite pour être utilisée avec la manette sans être reliée à un écran. C’est là où le combo tablette + manette prend tout son sens.
Lorsque l’on pose la Shield Tablet à côté de la télévision et qu’on la relie en HDMI, le spectacle commence. Même avec des jeux Android, on a réellement l’impression de se trouver face à une console de jeu. On peut s’installer au fond de son canapé, et profiter de tous les titres Android sur son téléviseur. Qu’on soit un joueur, deux joueurs voire quatre joueurs, tout le monde verra l’écran et profitera des jeux. À côté, l’écran de 8 pouces paraît ridicule et servira uniquement pour une utilisation tablette et non pas console.
Attardons-nous un peu plus sur le design de la tablette (MàJ : cette partie concerne la Shield Tablet originale, mais est similaire sur la Shield Tablet K1). La façade est visuellement réussie avec les deux bandes verticales (lorsque l’on tient la tablette à l’horizontale) grises percées qui font office de haut-parleurs. Ces deux bandes donnent d’ailleurs l’impression que la tablette est en aluminium. Grosse déception : ce n’est pas le cas. Dommage puisque ce matériau, noble pour un appareil électronique, aurait donné un cachet supplémentaire à l’ensemble et aurait permis une meilleure dissipation thermique du SoC.
La finition de cette face avant n’est pas parfaite. On retrouve trois éléments : la dalle et les deux grilles de haut-parleur, qui ne sont pas très bien intégrées entre elles. Les bords de la tablette sont légèrement plus hauts que ces trois éléments, ce qui donne une sensation désagréable lorsque l’on passe le doigt dessus. C’est un détail, mais pour une tablette qui démarre à 300 euros (MàJ : 199 euros avec la Shield Tablet K1), les détails comptent.
Les bords saillants de la tablette
La face arrière de la tablette fait immédiatement penser à la Nexus. Le revêtement est à peu près similaire. L’inscription Shield en profondeur vient se positionner parfaitement au centre de la coque, sans aucune autre inscription. En revanche, le matériau utilisé (ou son épaisseur) n’est pas exactement le même puisque par rapport à la Nexus 7, il y a certaines zones du plastique qui s’enfoncent si on force un peu et on sent les composants à travers.
Un bon point pour le design : la présence de 4 sorties pour les deux haut-parleurs. En plus des deux sorties sur la façade, on retrouve deux sorties sur les côtés. De cette manière, le son a plus de chance de sortir de la tablette lorsqu’on la tient à la main.
Quelques mots sur la cover : celle-ci possède deux faces : celle qui protège l’écran, au toucher peau de pêche et la face extérieure avec une texture rugueuse. Le point noir de cette cover, c’est l’inscription Shield qui commence à s’effacer 4 jours après le début du test. La cause : lors de l’ouverture/fermeture, le signe Shield vient frotter contre le bord de la tablette, effaçant au passage une partie des inscriptions techniques et administratives (batterie, certifications, etc.).  L’inscription est peu visible, mais tout de même, cela relève du défaut.

Les inscriptions légèrement effacées

Concernant la Shield Controller, la manette, elle ressemble fortement à la manette de la Xbox 360 niveau design. Elle dispose de deux sticks analogiques, de la croix directionnelle, de quatre boutons d’actions et de quatre gâchettes. Il y a également un pavé tactile en bas pour se servir d’une souris dans un jeu PC par exemple ainsi que les boutons pour régler le volume de la console. En haut, on retrouve un bouton d’allumage rétroéclairé ainsi que les boutons retour et accueil, mais aussi un bouton spécial Nvidia pour lancer le Mapper des contrôles ou le streaming Twitch et l’enregistrement des vidéos.
La prise en main de la manette rappelle un peu la Shield Portable, mais en plus léger. Elle est un peu trop grosse pour être vraiment confortable. Après quelques heures de jeu, passer sur une manette de Xbox 360 fait du bien et on n’a plus envie de la quitter. Elle est en effet plus compacte et mieux finie sur certains aspects. Les gâchettes arrière sont en effet plus agréables sur la manette de la Xbox que sur celle de la Shield. C’est le même constat que pour la croix directionnelle. En revanche, les sticks semblent être un peu plus nerveux sur la manette de Nvidia.
Bonne nouvelle : les manettes Xbox 360 avec et sans fil sont parfaitement compatibles avec la Shield Tablet. Pour la version sans fil, il suffit de brancher le dongle sur un port USB de la console. Il est aussi possible d’utiliser la manette de la Shield sur un PC disposant d’une carte graphique Nvidia.
Nous avons également tenté de jouer avec la manette Xbox 360 par l’intermédiaire de la fonction GameStream qui permet de jouer à un jeu installé sur son PC sur sa tablette. La manette de la Xbox 360 se comporte de la même manière que le contrôleur Shield et il est donc possible de jouer aux jeux PC sur sa Shield Tablet avec une manette Xbox 360. Bien sûr, vous perdrez certaines fonctionnalités comme les boutons spéciaux qui permettent de lancer rapidement le streaming Twitch ou l’enregistrement vidéo ainsi que les boutons Android.

Un écran très bien calibré

Nvidia a eu le bonne idée d’utiliser une dalle IPS. Les angles de visions sont donc très ouverts et c’est une bonne chose si on tient vraiment à jouer avec sa tablette via la manette, voire à plusieurs autour de l’engin, si sa petite taille n’est pas trop gênante.
Nvidia a intégré différents modes pour l’affichage : natif et sRGB. Ce dernier tente de respecter l’espace calorimétrique du même nom avec un rendu des couleurs plus naturel. Les couleurs peuvent sembler moins « vibrantes », moins saturées. Dans la réalité, avec ce mode, le rendu des couleurs de la Shield Tablet K1 est excellent avec un gamma moyen de 2,2. Aucune couleur primaire ne prend le dessus sur une autre, et la température des couleurs est très bonne, à 6500°K. En revanche, dans ce mode, le contraste est d’environ 850:1 pour une luminosité maximale de 410 cd/m2. En mode natif, le contraste grimpe à 1050:1 avec une luminosité maximale de 480 cd/m2.
Au final, le contraste peu élevé empêchera de bénéficier de noirs vraiment profonds. Heureusement, la luminosité maximale assez bonne permettra de profiter d’une assez bonne visibilité en plein soleil, mais il ne faudra pas trop en demander. On apprécie toutefois la calibration proposée par Nvidia. Les plus férus pourront même modifier de nombreux réglages, de la saturation à la température des couleurs.
Pour la définition, le Full HD semble être un bon compromis sur une dalle de cette taille. Nvidia aurait bien sûr pu aller jusqu’au WQXGA (2560 × 1600), mais le Tegra K1 aurait peut être pu montrer ses limites sur certains titres gourmands. De plus, le surplus de consommation ne vaut pas la peine, selon nous, de passer le pas sur une dalle de 8 pouces.

Android KitKat « pur »

Au niveau logiciel, Nvidia n’a pas créé sa propre ROM custom, mais se base sur Android KitKat 4.4.2 (MàJ : depuis, la tablette a été mise à jour sous Android 5.1.1 Lollipop comme vous pouvez le découvrir sur notre prise en main). L’arrivée d’Android 6.0 Marshmallow est prévue pour la fin de l’année. Les habitués d’Android ne seront donc pas perdus. Nvidia a simplement rajouté des logiciels pour tirer parti des fonctionnalités spéciales offertes par la gamme Shield. Il y en a en tout quatre.

L’application Contrôleur sans fil est présente afin de pouvoir relier facilement les Shield Controller avec la tablette. La liaison se fait en Wi-Fi direct et il faudra donc activer le Wi-Fi sous peine de ne pas pouvoir appairer la manette. L’application rajoute également une icône dans la barre de statut qui permet de vérifier l’état de la batterie présente dans la manette.
L’application Mode console permet de choisir deux modes d’affichage lorsque la tablette est reliée en HDMI. On peut choisir le mode miroir avec l’affichage actif sur la tablette et sur l’écran HDMI. L’autre mode (mode console) permet d’éteindre l’écran de la tablette pour tout afficher sur l’écran externe. Lorsque l’on active ce dernier mode, la console doit redémarrer et ferme donc toutes les applications ouvertes.

On retrouve également l’application Nvidia Dabbler. C’est l’outil de dessin 3D accéléré via le GPU du Tegra K1 qui utilise le stylet. Cette application permet de simuler de nombreux comportements (peinture à l’eau, à l’huile, etc.) et permet également de créer des peintures « 3D » grâce au jeu des reflets de lumière. Le rendu est assez bon lorsqu’on maîtrise le dessin. En revanche, il existe un léger retard entre le moment où le stylet touche l’écran et le moment où le trait apparaît à l’écran. Ce retard est minime (à peine un quart de seconde), mais il est présent et visible à l’œil nu.
Le stylet est également implémenté un peu plus profondément dans le système puisqu’il est possible de remplacer le clavier Android de base par un « clavier » Nvidia qui utilise en fait le stylet. Il est alors possible d’écrire avec le stylet et le système reconnait l’écriture manuscrite pour la transformer en caractère. Le système fonctionne plutôt bien et est capable de reconnaître mes pattes de mouches. Mais il est trop lent pour remplacer le clavier Android de base.

Enfin, l’application Shield Hub est un peu le centre de la Shield Tablet. C’est le successeur de la Tegra Zone. C’est cette application qui va permettre d’avoir accès à la boutique qui répertorie les jeux optimisés pour les SoC Tegra. On retrouve également l’actualité des jeux Tegra (par exemple l’annonce de War Thunder sur les appareils Tegra K1). Deux catégories regroupent les jeux et les applications multimédias. C’est très pratique lorsqu’on active le mode Console puisque les grosses icônes permettent une meilleure visibilité lorsqu’on est au fond de son canapé. La dernière fonctionnalité du Shield Hub est GameStream qui permet de lancer, depuis la Shield Tablet, un jeu directement sur son PC qui sera streamé vers la tablette. Il y a deux possibilités : streamer depuis le même réseau local entre le PC et la tablette ou alors streamer via Internet. La tablette peut donc être chez vos amis tout en streamant un jeu installé sur votre ordinateur chez vous. La connexion passera par Internet, en 4G ou en Wi-Fi.


GeForce Now (Grid) : les jeux depuis le cloud

L’une des forces de la gamme Shield de Nvidia est de permettre de jouer à des jeux streamés depuis les serveurs de la firme. GeForce Now (anciennement Grid) est le nom du service de jeux vidéo PC vers la Shield Tablet K1. Il est alors possible, sous condition de disposer d’une bonne connexion Internet (4G, câble ou fibre) de jouer à des jeux PC directement sur la Shield Tablet K1. Nvidia dispose d’un catalogue de plus de 50 jeux. L’abonnement et de 9,99 euros par mois (avec 3 mois gratuits) et il est aussi possible d’acheter des jeux qui ne seraient pas proposés avec le catalogue de base.

Vous pouvez retrouver notre test du service GeForce Now sur la Shield Tablet, mais également sur la Shield Android TV.

Les jeux PC en 4K / UHD avec GameStream

Nous avons essayé la fonctionnalité GameStream avec Batman et Watch Dogs. Aucun souci n’a été rencontré, mais la fonctionnalité est très dépendante de la bande passante du réseau. Nous avons tenté trois manières différentes : un routeur certifié par Nvidia (Asus RT-AC68U) un autre routeur non certifié (Buffalo AirStation Nfiniti) et une connexion Ethernet via l’adaptateur USB OTG.
Si la Shield est reliée au routeur en Ethernet, il est possible de streamer en 1080p à 60 FPS voire en 4K / UHD à 60 FPS, avec le support du son 5.1 surround. En Wi-Fi, il faudra se limiter au 720p à 60 fps. Aucun lag ou latence n’a été constaté sur le routeur certifié et la connexion Ethernet. En revanche, avec notre routeur non certifié, quelques lags ont été constatés. Plus que le routeur, il faut blâmer notre réseau internet puisque sur le Buffalo, une quinzaine de personnes étaient connectées. De plus, le Buffalo est relié à un autre routeur en passerelle, ce qui rajoute donc de la latence. Il n’est donc pas impératif de posséder un routeur certifié, mais au moins un appareil compatible avec la bande des 5 GHz en Wi-Fi 802.11a/n. Il est possible de connecter la Shield sur un réseau 2,4 GHz (802.11b/g), mais la bande passante disponible devrait baisser le débit d’image et donc la qualité.
Watch_Dogs streamé vers la Shield Tablet reliée en HDMI à l’écran
Les adaptateurs Miracast / WiDi 2.0 et Wireless-HDMI permettent également de streamer des jeux d’un PC vers un écran. Mais la latence élevée du WiDi et le coût exorbitant des adaptateurs Wireless-HDMI ne concurrencent pas la Shield Tablet. Il existe aussi une autre solution : le couple Limelight et Raspberry Pi pour les connaisseurs. La solution induit toutefois du lag. Pour GameStream, Nvidia limite malheureusement sa solution au support des GeForce. Votre ordinateur possède une Radeon d’AMD ? GameStream ne fonctionnera pas.
Plus de 120 jeux (MàJ : plus de 200 au 23 novembre 2015) sont certifiés compatibles avec le GameStream par Nvidia. Mais il est possible de streamer un jeu qui n’est pas répertorié comme compatible par Nvidia. Des soucis d’incompatibilité peuvent exister et notamment sur la configuration des touches. Il est également possible de streamer n’importe quelle application du moment qu’elle est en .EXE. Si on rajoute mstsc.exe (Windows Remote Desktop Connection), il sera possible de streamer l’intégralité de l’affichage Windows vers la Shield Tablet. Nous avons également rajouté le jeu Hearthstone qui se joue uniquement à la souris. L’expérience a été décevante avec le trackpad de la manette. Une souris en Bluetooth prendrait alors tout son sens, mais ferait perdre de l’intérêt à la solution comparé à un ordinateur portable.


Les jeux sous Android

Sur les jeux qui ne supportent pas de base les manettes et qui font la part belle à la surface tactile, Nvidia propose toujours la fonctionnalité Game Mapper qui permet d’assigner une touche de la manette à une fonction tactile. L’opération prendra un certain temps, mais, une fois réalisée, elle vous facilitera la vie. Certains jeux (par exemple Real Racing 3) sont de base paramétrés par Nvidia. Il n’y a donc pas besoin de configurer Game Mapper.
Il ne faut pas perdre de vue que les jeux Android tournent tous sans problème avec le Tegra K1. Pour le moment, le catalogue n’est pas à la hauteur de la puce de Nvidia (MàJ : il existe maintenant un grand nombre de jeux gourmands, comme ceux utilisant le moteur Unity). Un peu comme si le constructeur proposait un SoC trop puissant pour ce que les développeurs proposent comme jeux actuellement. Une aubaine donc pour se servir de nouveaux moteurs graphiques et physiques encore plus réalistes pour se rapprocher un peu de l’expérience console next-gen ou PC.
Real Racing 3_20140801_135653
Pour rendre la Shield Tablet encore plus intéressante qu’actuellement, il faudra donc que les développeurs proposent sur Android des jeux convaincants tant au niveau du gameplay que des graphismes. Surtout, il sera intéressant de pouvoir profiter de titre multiplateformes. Vous commencez le matin à jouer sur votre titre sur votre ordinateur et à la pause de midi, vous reprenez la partie sur votre Shield Tablet. C’est déjà possible avec War Tunder puisque le MMO est inter-plateforme est disponible sous Android avec les appareils Shield. Au niveau des graphismes, le niveau de détail de Trine 2 nous a vraiment subjugués et le combo Tegra K1 + Android Extension Pack d’Android L devrait faire des ravages.

La domination du Tegra K1

Au niveau des performances, la Nvidia Shield surpasse tout ce qui se fait actuellement en puce ARM mobile. Sur AnTuTu, le Tegra K1 et ses quatre cœurs Cortex-A15 cadencés à 2,2 GHz obtiennent le score de 43 000 points. Sous IceStorm Unlimited, le Tegra K1 fait de l’ombre à tous ses concurrents avec 32 071 points. C’est la même chose sous GFXBench puisque la puce Kepler parvient à tenir 31,1 FPS dans Manhattan en 1080p Offscreen et 64,9 FPS dans T-Rex en 1080p Offscreen également. Pour Epic Citadel, aucun souci non plus puisque la Shield Tablet tourne aux alentours de 60 FPS.
Dans les jeux, le Tegra K1 se débrouille vraiment bien. Dans Half Life 2 (une exclusivité Shield), le framerate varie entre 40 et 60 FPS selon les scènes. Dans Nova 3, le GPU peine un peu plus et le framerate varie entre 30 et 60 FPS (médiane à 47 FPS). Enfin, dans Real Racing 3, le Tegra K1 se comporte un peu mieux avec une médiane de 59 FPS (mini 40 et maxi 60 FPS). À noter : par défaut, Real Racing 3 se lance avec les paramètres graphiques au minimum. Pour les modifier, il faudra passer par une méthode indiquée sur les forums XDA Developers. Au final, pour les jeux Android, la Shield Tablet K1 est la tablette la plus puissante à l’heure actuelle.


Avec les jeux PC et donc la fonctionnalité GameStream, la console ne lague pas puisqu’elle a simplement un flux vidéo H.264 à décoder. La principale limitation viendra donc de la qualité du réseau et de la puissance du PC. À ce propos, il faut un PC doté d’une carte graphique GTX 650 ou supérieure.
Un petit mot sur la fréquence de fonctionnement du Tegra K1. Au maximum, le processeur atteint 2,2 GHz. Lors d’une partie de 15 minutes de Nova 3, le Tegra K1 a passé la majorité de son temps (80 %) entre 2,1 et 2,2 GHz. Ce test permet de savoir si la puce réduit drastiquement sa fréquence après une période de forte charge due à la chaleur. Dans le cas présent, il ne semble pas que la puce de Nvidia ne réduise trop sa fréquence même si elle semble le faire quelques fois, de manière très rapide. En tout cas, cela n’a pas d’influence majeure sur le framerate contrairement à des produits que nous avons pu tester comme le OnePlus One ou le LG G3.
Dans le tableau récapitulatif des performances, nous avons comparé la Shield Tablet avec la Shield Portable, mais également avec l’Oppo Find 7a. Le smartphone d’Oppo a été sélectionné puisqu’il intègre un Snapdragon 801 (le SoC de Qualcomm le plus puissant disponible actuellement) et que nous n’avons pas de tablette équipée d’un tel SoC. MàJ : nous avons ajouté la Sony Xperia Z4 Tablet avec son Snapdragon 810.
 


























Une autonomie en demi-teinte

L’autonomie de la Shield Tablet laisse perplexe : si la capacité de sa batterie est supérieure à celle de la Nexus 7 (5 197 mAh contre 3 950 mAh), son autonomie est inférieure à la tablette de Google. Sur de la navigation web ou une utilisation multimédia, la Shield Tablet parvient à tenir les 10 heures annoncées par Nvidia. En revanche, en jeu, l’autonomie s’effondre en étant bien plus faible que sa cousine la Shield Portable. Cela peut s’expliquer de diverses façons. Tout d’abord, même si Nvidia clame haut et fort que le Tegra K1 est très peu gourmand, il semble impossible d’obtenir des performances aussi excellentes tout en conservant une faible consommation. Au repos ou lors de faibles charges, le SoC de Nvidia se révèle peu gourmand en énergie. Mais dès qu’un jeu assez lourd est lancé, l’autonomie dégringole.
De plus, la Shield Tablet possède un écran de 8 pouces comparé à celui de 5 pouces de la Shield Portable. Sa consommation est donc forcément en hausse, ce qui peut aussi expliquer la faible autonomie de la tablette comparée à la console. En jeu, il ne faut donc pas espérer plus de 2h30 / 3 heures de jeu continu. C’est presque deux fois moins que les 5 heures tenues sur la Shield Portable. Sur des jeux moins gourmands qui n’utilisent pas la totalité de la puissance du Tegra K1, il est sûrement possible d’augmenter l’autonomie.

D’ailleurs, Nvidia permet de régler finement le comportement du SoC avec la partie Shield Power Control présente dans les réglages. Il est alors possible de modifier le comportement du processeur en sélectionnant le nombre de cœurs actifs (2 ou 4), mais également sa fréquence maximale (de 50 à 100 %). Il est également possible de bloquer le nombre maximum de FPS avec 4 paliers : 20, 30, 45 ou 60. Autant dire que le premier réglage est bien trop faible et que le système semble de toute façon déjà limiter le débit d’image à 60 FPS. Seuls les paliers de 30 et 45 FPS seront donc utiles, le deuxième semblant être un bon compromis. En limitant le framerate (images par seconde), la puce graphique a moins de charge et le SoC consomme donc moins.

Deux capteurs pour … streamer !

Nous allons rapidement aborder les deux capteurs photo présents sur la tablette et qui possèdent tous les deux une définition de 5 mégapixels. Les deux capteurs sont identiques avec une taille physique de 1/4″. Une différence est tout de même présente entre les deux lentilles puisque celle présente en façade dispose d’une ouverture de F/2,8 contre F/2,0 à l’arrière. La qualité est similaire entre les deux appareils photo et permet de capturer des photos potables, sans plus.
La véritable utilisation du capteur frontal est en fait à chercher ailleurs. Nvidia propose des outils pour enregistrer ses parties en vidéo, mais aussi les streamer. Pour lancer le panneau de contrôle dédié, il suffit d’appuyer longuement sur la touche retour de la manette. Quatre possibilités s’offrent alors à l’utilisateur : lancer un streaming sur Twitch, activer l’auto record, le manual record ou prendre une capture d’écran. L’auto record peut enregistrer automatiquement et en continu les 20 dernières minutes d’utilisation de la tablette (en jeu ou non) alors que le manual record enregistrera sans limites de durée à partir du moment où il est activé.

Grâce au capteur photo frontal, il est possible de rajouter sur un coin de l’image son portrait vidéo, que ce soit sur un stream, mais également sur un enregistrement vidéo. Le microphone de la manette permet lui d’enregistrer sa voix pendant l’enregistrement ou le stream. Le panneau de contrôle permet de régler la qualité du stream / enregistrement, mais aussi la transparence et la position de la vidéo superposée.


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